Beaucoup de dirigeants de TPE ont un site en ligne sans savoir ce que Google en pense réellement. Ils reçoivent parfois des demandes de devis, parfois rien, sans comprendre pourquoi. Google Search Console apporte une grande partie des réponses. Cet outil gratuit, fourni par Google, montre comment votre site apparaît dans les résultats de recherche. Encore faut-il savoir où regarder.
À quoi sert Google Search Console
La Search Console s'intéresse à ce qui se passe avant la visite : les recherches tapées par les internautes, l'affichage de vos pages dans les résultats, les clics obtenus et les obstacles qui empêchent Google de lire ou d'indexer certaines pages.
Google Analytics observe plutôt ce que font les visiteurs une fois arrivés sur le site. Les deux outils se complètent. Mais pour comprendre votre visibilité sur Google, c'est la Search Console qu'il faut ouvrir en premier. Sans elle, une page importante peut disparaître des résultats pendant des semaines sans que personne ne s'en aperçoive.
Ajouter son site et prouver qu'il vous appartient
Google propose deux types de propriété.
La propriété de domaine couvre tout le site : avec ou sans « www », en http comme en https, sous-domaines compris. Elle se valide par un enregistrement DNS, à ajouter chez l'hébergeur ou chez le fournisseur du nom de domaine. C'est la solution la plus complète.
La propriété avec préfixe d'URL ne concerne que l'adresse exacte saisie. Elle accepte plusieurs méthodes de validation, comme un fichier HTML déposé sur le serveur, une balise dans le code ou un compte Google Analytics déjà installé. Pratique si vous n'avez pas accès aux réglages DNS.
Une fois la validation faite, ajoutez votre prestataire web comme utilisateur plutôt que de lui confier vos identifiants Google. Les premières données apparaissent ensuite au bout de quelques jours.
Lire le rapport Performances sans se tromper
C'est le rapport le plus consulté. Il présente quatre indicateurs, avec un historique pouvant remonter jusqu'à seize mois.
Impressions et clics
Une impression est comptée lorsqu'un lien vers votre site s'affiche dans une page de résultats. Un clic correspond à une visite venue de Google. Une entreprise de rénovation qui cumule beaucoup d'impressions sur « rénovation salle de bain » mais très peu de clics n'a pas forcément un problème de visibilité. Son titre ou sa description dans les résultats ne donne peut-être simplement pas envie de cliquer.
Taux de clic et position moyenne
Le taux de clic rapporte les clics aux impressions. La position moyenne, elle, se lit avec prudence, car elle mélange toutes les requêtes. Une boulangerie peut afficher une position moyenne décevante parce qu'elle apparaît loin sur des recherches très larges, tout en étant bien placée sur celles qui comptent vraiment pour elle. Regardez donc la position requête par requête.
Pour cela, utilisez les onglets Requêtes et Pages. Le premier montre les mots réellement tapés, souvent différents de ceux que vous imaginiez. Le second révèle les pages qui travaillent pour vous, et celles que Google ne montre presque jamais.
Distinguer recherches de marque et nouveaux prospects
Pour les sites éligibles, un filtre sépare désormais les requêtes contenant le nom de l'entreprise des autres. Un consultant dont la plupart des clics viennent de recherches sur son propre nom est surtout trouvé par des personnes qui le connaissent déjà. Le trafic hors marque indique si le site attire réellement de nouveaux clients.
À noter : les apparitions dans les fonctionnalités d'intelligence artificielle de la recherche Google sont comptabilisées dans ce même rapport, avec les résultats classiques.
Vérifier que vos pages sont bien indexées
Une page non indexée ne peut pas apparaître dans les résultats. Le rapport Pages, dans la rubrique Indexation, liste les URL indexées et celles qui ne le sont pas, avec la raison.
Toutes les exclusions ne sont pas des erreurs : une page redirigée ou un doublon y figurent normalement. En revanche, si votre page « Pose de carrelage à Nantes » est classée « Explorée, actuellement non indexée », Google l'a vue sans juger utile de la conserver. Le contenu est souvent trop mince, ou trop proche d'une autre page du site.
L'outil Inspection de l'URL vérifie une page précise : son indexation, sa dernière exploration, la version retenue par Google. Après une modification importante, vous pouvez y demander une nouvelle indexation, sans garantie de délai.
Enfin, la section Sitemaps permet de soumettre le plan de votre site. Sur WordPress, la plupart des extensions SEO le génèrent automatiquement ; il suffit d'en copier l'adresse.
Les alertes à surveiller
Certaines rubriques s'ouvrent rarement, mais leur contenu peut être sérieux.
- Actions manuelles : indique si une page ou le site a été sanctionné pour non-respect des règles anti-spam de Google.
- Problèmes de sécurité : signale un piratage ou la présence de logiciels malveillants, un risque réel sur un site dont les extensions ne sont jamais mises à jour.
- Signaux Web essentiels : regroupe les pages jugées lentes ou instables à partir de données d'utilisateurs réels.
Une routine simple chaque mois
Inutile de se connecter tous les jours. Pour une petite entreprise, un passage mensuel suffit généralement. Comparez les trois derniers mois à la période précédente, repérez les pages qui perdent des clics, puis parcourez les nouvelles requêtes. Un restaurateur peut ainsi découvrir que des internautes cherchent une salle à privatiser alors que son site n'en parle qu'en une ligne. C'est une idée de contenu tirée de vraies recherches. Terminez par le rapport Pages et les messages reçus.
Conclusion
Google Search Console ne fait pas progresser un site toute seule. Elle donne en revanche une vision fiable de ce que Google voit, affiche et ignore. En validant correctement votre propriété, en lisant le rapport Performances requête par requête et en surveillant l'indexation de vos pages clés, vous décidez à partir de données réelles plutôt que d'intuitions. Quelques minutes par mois suffisent pour repérer un problème avant qu'il ne vous coûte des clients.
FAQ sur Google Search Console
Google Search Console est-elle payante ?
Non, l'outil est gratuit. Il suffit d'un compte Google et de prouver que vous êtes propriétaire du site.
Quelle différence avec Google Analytics ?
La Search Console montre votre présence dans les résultats de Google et les recherches qui y mènent. Google Analytics analyse le comportement des visiteurs sur le site.
Pourquoi les chiffres diffèrent-ils entre les deux outils ?
Ils ne mesurent pas la même chose. Un clic dans Google n'est pas toujours compté comme visite dans Analytics, par exemple si le visiteur refuse les cookies.
Combien de temps les données sont-elles conservées ?
Le rapport Performances remonte jusqu'à seize mois. Pour garder un historique plus long, exportez régulièrement vos données.
Demander l'indexation d'une page la fait-elle mieux apparaître ?
Non. La demande signale la page à Google, sans garantir ni son indexation ni son classement. Un contenu utile et bien relié au reste du site reste la meilleure base.